Concernant la crise de l’éducation supérieure au Québec

Le sujet de l’éducation de nos enfants est enfin arrivé à la conscience populaire. Elle est aussi importante sinon plus importante que la corruption dans le milieu de la construction ou encore les accommodements raisonnables.

Soyons donc cohérents et envisageons un débat de société public et profond. La commission Parent est bien loin derrière nous et le Québec mériterait une réflexion nouvelle. Certes le gouvernement argumente que celui-ci a ouvert un tel débat alors que les représentants étudiants disent pour leur part qu’on ne leur laissait pas vraiment le loisir d’influencer l’issue du débat. Peut-être? Mais on peut aussi se demander pourquoi ces derniers ont mis une année avant de s’opposer publiquement à des décisions prises publiquement il y a un an et lors de l’avant-dernier budget provincial?

La mauvaise foi des uns et des autres étant acceptée ou présumée, peu importe, il faut aujourd’hui profiter de la crise actuelle pour ouvrir un vrai et profond débat public sur les enjeux majeurs de l’éducation à l’aube du XXIème siècle.

Une telle consultation publique devrait s’imposer pour le gouvernement et les partis politiques comme la condition préalable à tout changement  

Voici donc les questions qu’un tel débat devrait soulever:

1)   Quels seront les besoins fondamentaux de demain? Allons-nous encore une fois structurer l’éducation sur le monde d’hier?

2)   L’éducation universitaire devrait-elle être gratuite? Notre société est-elle plus près de la France ou de la Suède?

3)   Si non, allons-nous enfin indexer les paiements futurs, et par rapport à quelle année? 1968 ou une autre année, et pourquoi alors?

4)   Si oui, à quel rythme allons-nous imposer un rattrapage?

5)   Pourquoi ne pas dissocier les coûs des facultés les plus coûteuses (médecine, dentisterie, vétérinaire, génie) des facultés moins chères? Du même coup, dissocier l’endettement des premiers dont les revenus attendus sont beaucoup plus garantis et dont l’endettement est beaucoup moins signifiant? En conséquence, pourquoi ne pas faire porter sur les premières le gros des augmentations? Est-ce que cela ne règlerait-pas une très grande partie du problème financier des universités?

6)   Quel doit être la frontière entre ceux qui accèdent aux bourses, et aux prêts? Celle-ci ne devrait-elle pas varier selon l’expectative de revenus futurs par profession?

7)   La gestion des universités doit-elle être sur la place publique et pas juste surveillée par un comité gouvernemental?

8)   Mais alors, les « valeurs » véhiculées par et au sein des universités ne devraient-elles pas être aussi sur la place publique? Pourquoi les universités inondent-elles nos métiers de crapules, d’exploiteurs et de menteurs? La triche est-elle vraiment condamnée ou tolérée par complaisance ou par mollesse? Où en est l’enseignement mais aussi l’affirmation de l’éthique dans nos universités mais aussi dans nos CEGEPs?

9)   La recherche doit-elle être financée par le secteur privé? Mais alors comment se prémunir des conflits d’intérêts sectoriels?



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